Bioaxial voit la microscopie optique en super-résolution

Le module pour microscope optique de Bioaxial permet d’observer les processus vivants dynamiques à l’échelle nanoscopique. Une grande révolution dans l’observation de l’infiniment petit.

Louis-Philippe Braitbart (CEO) et Gabriel Sirat (CTO), co-fondateurs de Bioaxial, ont développé un module optique capable de se greffer sur les microscopes optiques de haut niveau, répondant ainsi à l’un des très grands défis de l’imagerie pour la recherche et la compréhension du vivant, à savoir permettre la visualisation de l’infiniment petit dans le Vivant. Cela fait déjà un an que leur instrument est testé à l’Institut Pasteur. Amélioration après amélioration, le modèle final sera prêt d’ici la fin de l’année et commercialisé en 2014.

Bioaxial éclaire « une zone obscure en imagerie biologique »

Pour comprendre l’intérêt du produit de Bioaxial, il faut savoir qu’il existe actuellement une limitation dans la résolution des microscopes optiques, de l’ordre de 200 nanomètres. Quant au microscope électronique, il permet d’obtenir des grossissements bien plus importants mais les échantillons doivent être figés – autrement dit, morts. « C’est ce que l’on appelle une zone obscure en imagerie biologique », explique Louis-Philippe Braitbart. « Aujourd’hui, les chercheurs en biologie et les laboratoires pharmaceutiques qui développent de nouveaux médicaments arrivent ont besoin de visualiser au niveau des molécules, des protéines et des virus qui relèvent de l’infiniment petit. Or, les microscopes commerciaux classiques ne peuvent pas les visualiser : ces entités biologiques trop petites sont floues voire invisibles ».

Mais comment en vient-on à développer un instrument d’imagerie pour l’infiniment petit dans le Vivant ? Gabriel Sirat et Louis-Philippe Braitbart, tous deux docteurs en physique, possèdent une longue expérience dans le développement d’instruments optiques pour l’industrie des semi-conducteurs. « C’est aussi le domaine de l’infiniment petit, c’était donc une continuation naturelle pour mon associé comme pour moi que d’utiliser nos expertises sur ce sujet et d’aller les appliquer dans le monde de la biologie ».

Une importante levée de fonds bouclée en mai 2013

Bioaxial vient de conclure un tour déterminant, avec une levée d’environ 2 millions d’euros réalisée auprès de trois fonds (Inserm Transfert Initiative, Amorçage Technologie Investissement géré par CEA Investissement et Viveris Management) et d’actionnaires. Le marché auquel la société s’adresse est clairement international et la startup fait face à des multinationales de l’équipement microscopique. Pour autant, Louis-Philippe Braitbart a évolué plusieurs années dans le milieu : il sait que derrière ces énormes sociétés, la réalité n’est pas si impressionnante. « Les ingénieurs qui développent un instrument donné se comptent sur les doigts de deux mains, tout au plus et ces équipes sont de qualité équivalente comparées aux profils de haut niveau que nous recrutons de manière extrêmement sélective ».

Pour les deux fondateurs de Bioaxial, la participation à Tremplin Entreprises comporte deux atouts majeurs. « Tout d’abord, cette candidature nous a obligé à conduire un effort de réflexion, de stratégie, de prévisions chiffrées qui nous a aidé à nous cristalliser ». Autre point fort évoqué : le gain en notoriété. Pour conclure l’interview, Louis-Philippe Braitbart (CEO) et Gabriel Sirat (CTO) ont accepté de donner quelques conseils aux futurs participants du concours : selon eux, ce qui fait la réussite d’une startup, c’est certes une bonne technologie et une bonne équipe, mais également le fait d’être guidé par « un fil conducteur d’excellence. Tout ce que l’on fait en interne doit être excellent et il faut que cela soit aussi perçu à l’extérieur. ».

Interview de Louis-Philippe Braitbart, co-fondateur de Bioaxial.


CARTE D’IDENTITE DE L’ENTREPRISE

Date de participation à Tremplin : 2012

Catégorie : Sciences de la Vie

Nom de l’entreprise : Bioaxial

Date de création : 2010

Nombre de salariés : 5